Le bilan carbone et la question de l'eau vu, par Terre du Futur sur le projet de parc solaire Bory
- Séverine CHARLON
- 24 févr. 2023
- 2 min de lecture
Dans un article très technique, l'association Terre du Futur a analysé le bilan carbone du projet de parc solaire sur le site de la Bory.
Terre du futur est une association qui rassemble celles et ceux qui veulent agir pour la préservation de la planète, notamment en développant les espaces forestiers.
Voici leur analyse sur le bilan carbone du projet Bory :
"Il y a une première incohérence dans le bilan carbone présenté par Qenergy. Tout d’abord, dans la présentation des éléments clés du projet sur la page web du promoteur, on peut lire que le projet permettrait un gain d’émission de CO2 équivalent à 11259 tonnes annuelles (On applaudit pour la précision...).
Seulement, dans la note d’explication faisant suite à des questions des riverains, les émissions évitées sont revues à la baisse, à 77825 tonnes de CO2 sur la durée du projet, soit 2600 tonnes annuelles environ, donc 4 fois moins que la première estimation. Où est la cohérence ?
Nous avons donc réalisé notre estimation du bilan carbone de ce projet avec les éléments mis à disposition. Pour faire simple, on peut estimer ce bilan carbone de deux façons :
Par la méthode analytique de QEnergy qui se base sur les émissions de chacun des postes, fabrication, transport, installation, maintenance, déboisement, etc. Avec cette méthode, on trouve 74000 t d’émissions CO2 sur la période, supérieures aux 37000 tonnes estimées par QEnergy. Les facteurs d’émissions utilisés par QEnergy liées à la fabrication des panneaux en Chine semblent sous-estimés. La prise en compte du béton nécessaire au lestage ou la fixation des panneaux au sol a du être oubliée. Dans notre calcul, nous n’avons pas pris en compte les émissions liées aux raccordements, bâtiment de distribution contrôle, mise en place des chemins d’accès. Il manque des éléments pour les estimer.
Avec la méthode Bilan Carbone Ademe, qui donne des valeurs standardisées d’émissions pour le parc photovoltaïque. Dans ce cas on trouve un bilan de 77500 tonnes de CO2 émises sur 30 ans.
Les résultats de chacune des deux méthodes sont équivalents, et supérieurs aux données de Qenergy.
Pour les émissions de CO2 par EDF, on peut retenir deux valeurs :
Celle calculée par la production intrinsèque d’EDF, qui serait de 44000 tonnes sur 30 ans (donnée base carbone, extraction ci dessous);
ou bien 73000 tonnes en tenant compte du mix intégrant les importations et exportations ponctuelles (base ADEME).
Quelle que soit la méthode employée, le bilan carbone de la centrale est défavorable de quelques 4000 à 40000 tonnes de CO2 sur les 30 ans d’exploitation. Ce n’est pas surprenant. Il est connu que les fermes photovoltaïques constituent la solution la plus émettrice de CO2 parmi les renouvelables. Le solaire est près de 8 fois plus défavorable que le nucléaire. Ce n’est pas rien et on ne peut que s’étonner résultat du calcul fait par Qenergy. Le déboisement aggrave le bilan."
Pour consulter l'article dans son intégralité : https://www.terre-du-futur.fr/projet-de-ferme-solaire-saint-trinit-vaucluse/
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