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On parle de défricher... Où est l'eau dans tout ça ?

  • Photo du rédacteur: Séverine CHARLON
    Séverine CHARLON
  • 9 oct. 2022
  • 3 min de lecture

La forêt joue un rôle primordial en matière de préservation de la qualité de l’eau et pour en réguler l’écoulement. Elle limite également l’érosion des sols et protège des risques naturels.


Les arbres agissent comme de véritables pompes à eau qui absorbent l'eau des sols forestiers. Arbres et plantes transpirent 95 % de cette eau et n'en gardent que 5 % pour leur propre croissance. Les sols des écosystèmes forestiers transpirent également l'eau, qui s'évapore dans l'atmosphère. Combinées, l'évaporation du sol et la transpiration des plantes créent un phénomène unique dit « d'évapotranspiration ». C'est ce qui permet de réguler le cycle hydrique.



Cette absorption de l'eau en forêt, 6 fois supérieure à celle d'une simple parcelle d'herbe de surface égale, permet également de filtrer l'eau, de la purifier.

En effet, dans les eaux issues de la forêt, les concentrations en nitrates et en produits phytosanitaires sont considérablement réduites (moins de 5 mg/l pour les nitrates). (source ONF)


Le sujet du reboisement - argument "écolo" du projet de parc solaire BORY à Saint-Trinit


Le reboisement est régulièrement abordé dans les projets photovoltaïques, notamment celui de la BORY pour légitimer l'acte de défricher. En résumé, on coupe une forêt pour replanter ailleurs.


Le porteur du projet QENERGY mentionne d'ailleurs dans son bilan de la concertation préalable, des mesures de compensation comme celle du reboisement indiquée en page 14 de leur bilan.


Lorsque l'argument du reboisement est évoqué, il n'est jamais fait mention de la question de l'eau. Aussi analysons quelques minutes ce sujet.

L'impact d'une mesure de "reboisement" sur l'eau d'un territoire


Dans le document technique du GIEC sur le changement climatique et l’eau, les experts ont rappelé que les plantations de forêts consomment souvent plus d’eau que la végétation basse, car les arbres ont accès à de l’eau plus profonde et évaporent ainsi davantage d’eau interceptée.


Des forêts nouvellement plantées peuvent consommer un volume d’eau (par transpiration et par interception) supérieur à celui des précipitations annuelles en pompant l’eau stockée (Greenwood et al., 1985). (...) Dans les régions dont la quantité d’eau est limitée, le boisement, et en particulier la plantation d’espèces à forte demande en eau, peut entraîner une réduction significative de l’écoulement fluvial et influencer la population du bassin (Le Maitre et Versfeld, 1997), réduire l’écoulement de l’eau vers d’autres écosystèmes et rivières, et donc influencer les aquifères et leur alimentation (Jackson et al., 2005). En outre, les propriétés du sol peuvent connaître certains changements causés pour l’essentiel par les changements hydrologiques.


Comme le rappelle les experts de ce rapport : "il pourrait être utile d’évaluer individuellement les avantages hydrologiques du déboisement pour chaque site concerné". [GT III TRE 4.4.1]


A la lecture du bilan de la société QENERGY, le bilan hydrique n'a pas été réalisé. Ceci n'est pas très étonnant de la part de cette société qui mentionne que "les panneaux photovoltaïques créent des zones d’ombres et de concentration d’eau"...


Sauf que QENERGY aurait dû réaliser un bilan hydrique pour qu'on puisse les croire. Ils auraient dû analyser les réserves d'eau constituées par une parcelle de forêts et la comparer avec celle d'une parcelle de panneaux, avec celle d'une zone défrichée et celle d'une parcelle reboisée...


De plus, les arguments de "reboisement" ont été mentionnés sans analyse sérieuse et sans considérer si celle-ci pourrait être réalisable ou non.


Un peu partout en France, la question de l'eau est pourtant une problématique. Etonnant qu'elle ne figure nulle part dans les études menées dans les projets de parcs photovoltaïques ?



 
 
 

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